RDC : Joseph Olenghankoy convoqué au Parquet général après ses déclarations sur le sit-in de l’opposition

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Le président du Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral (CNSA) et du Front des nationalistes (FONUS), Joseph Olenghankoy, est attendu ce mardi 23 juin 2026 au Parquet général près la Cour de cassation à Kinshasa.

Selon plusieurs sources concordantes, cette convocation serait liée aux déclarations qu’il a publiées sur les réseaux sociaux à l’issue du sit-in organisé récemment par l’opposition contre le projet de révision de la Constitution.

Dans un message diffusé sur le réseau social X, Joseph Olenghankoy avait affirmé que le bilan provisoire de cette manifestation s’élevait à dix morts, quinze personnes disparues et cent soixante-seize blessés graves. Il avait également dénoncé ce qu’il a qualifié de « tyrannie extrême », avant d’ajouter que « le peuple gagne toujours ».

Ces affirmations ont suscité de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique et de la classe politique, dans un contexte marqué par de fortes tensions autour du débat sur une éventuelle révision de la Constitution.

D’après plusieurs observateurs, la démarche du Parquet général viserait à vérifier les informations rendues publiques par le président du FONUS. Les magistrats chercheraient notamment à établir si les chiffres avancés reposent sur des éléments de preuve concrets, tels que des témoignages, des rapports médicaux ou tout autre document permettant d’identifier les victimes évoquées.

Politique et la justice congolaise

Dans un État de droit, toute allégation faisant état de pertes en vies humaines lors d’une manifestation publique peut donner lieu à des investigations judiciaires. Le rôle du ministère public consiste notamment à vérifier les faits dénoncés et, le cas échéant, à déterminer les responsabilités éventuelles.

À ce stade, la convocation de Joseph Olenghankoy ne constitue ni une condamnation ni une remise en cause automatique de ses déclarations. Elle s’inscrit dans le cadre des prérogatives légales du ministère public, qui peut entendre toute personne susceptible de fournir des informations utiles à une enquête.

Cette affaire relance également le débat sur l’équilibre entre liberté d’expression et responsabilité des acteurs publics. Si la Constitution garantit à chacun le droit de s’exprimer librement, elle implique également que les informations diffusées, particulièrement lorsqu’elles concernent des faits graves, puissent faire l’objet de vérifications par les autorités compétentes.

Jusqu’à présent, aucun bilan officiel n’a confirmé les chiffres avancés par le président du FONUS concernant les incidents survenus lors de la manifestation de l’opposition. Son audition pourrait ainsi permettre d’apporter davantage d’éclaircissements sur les événements dénoncés ainsi que sur les éléments ayant motivé la publication de ce bilan.

Alors que le débat sur la révision constitutionnelle continue de polariser la scène politique congolaise, cette affaire pourrait constituer un nouveau point de tension dans les relations entre les acteurs politiques, la société civile et les institutions judiciaires du pays.

Ariane Kapinga

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