Dialogue national en RDC : Lambert Mende s’oppose à la participation de Joseph Kabila et des personnes condamnées par la justice

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À l’approche du dialogue national annoncé par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, les débats autour de la composition des participants s’intensifient. L’ancien ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mende Omalanga, s’est prononcé avec fermeté contre toute participation des personnes condamnées par la justice congolaise à ces assises nationales.

Député national et figure politique de premier plan ayant occupé pendant de nombreuses années les fonctions de porte-parole du gouvernement sous la présidence de Joseph Kabila, Lambert Mende estime que la présence de personnes reconnues coupables par les juridictions nationales constituerait une remise en cause des fondements de l’État de droit.

« À mon avis, il y aurait une atteinte grave au principe de l’État de droit si des personnes physiques reconnues coupables de faits répréhensibles par nos instances judiciaires et la communauté internationale étaient admises au dialogue qui se profile. Cela reviendrait à banaliser les crimes graves dont elles sont accusées », a-t-il déclaré.

Pour autant, l’ancien ministre ne ferme pas totalement la porte à la participation des organisations concernées. Il propose que celles-ci soient représentées par des personnes n’ayant fait l’objet d’aucune condamnation judiciaire.

« Les personnes morales concernées devraient se faire représenter par des individus non condamnés par les cours et tribunaux, ni sanctionnés par la communauté internationale », a-t-il suggéré.

Cette prise de position intervient dans un contexte particulièrement sensible, alors que plusieurs responsables de l’AFC-M23, dont Corneille Nangaa, ont été condamnés par la justice congolaise pour des faits qualifiés notamment de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

L’ancien président Joseph Kabila a, lui aussi, été condamné par la justice congolaise, notamment pour haute trahison, dans une affaire liée aux accusations de soutien présumé à la rébellion de l’AFC-M23. Par ailleurs, les autorités américaines lui ont imposé des sanctions, l’accusant d’avoir apporté un soutien matériel, financier et technologique à cette rébellion, dans un contexte marqué par la poursuite du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo.

Le dialogue national, voulu inclusif par le président Félix Tshisekedi, vise à renforcer la cohésion nationale face à la crise sécuritaire persistante dans l’Est du pays. Selon le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, ces consultations doivent permettre de consolider un front intérieur face à ce que le gouvernement qualifie d’« agression » du Rwanda, accusé de soutenir la rébellion de l’AFC-M23, qui contrôle plusieurs localités des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, notamment les villes de Goma et de Bukavu.

Le dialogue politique en République Démocratique du Congo, l'heure a sonné pour tracer les critères de participants

Ce débat sur les critères de participation pourrait ainsi devenir l’un des principaux enjeux politiques de ce dialogue, appelé à définir les voies d’une paix durable et d’une stabilité institutionnelle en République démocratique du Congo.

Par PAUL ZAÏDI

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