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Près de 3 000 ressortissants de 37 pays africains auraient été recrutés par la Russie pour participer à la guerre en Ukraine, selon le ministère ukrainien des Affaires étrangères. Parmi eux, au moins 486 auraient été tués, tandis que 35 ressortissants de 17 pays africains seraient actuellement détenus comme prisonniers de guerre en Ukraine. Ces chiffres, communiqués par Kiev, n’ont pas été confirmés de manière indépendante.
Selon les autorités ukrainiennes, les ressortissants africains concernés proviennent notamment du Kenya, de l’Égypte, du Cameroun, du Ghana, du Nigeria, de l’Ouganda, de l’Algérie et du Mali. Le nombre de recrues recensées serait passé de 2 965 personnes issues de 36 pays en mai à 2 982 personnes originaires de 37 pays en août.
Le recrutement de ressortissants africains par la Russie fait depuis plusieurs mois l’objet d’alertes. Des enquêtes et analyses évoquent notamment des offres d’emploi, des possibilités d’études ou de formation qui peuvent, dans certains cas, déboucher sur une intégration dans l’armée russe. L’Africa Center for Strategic Studies affirme que des jeunes Africains ont été attirés par des promesses de travail civil avant d’être confrontés à des contrats militaires en langue russe.
Pour certains observateurs, cette stratégie répond aux besoins croissants de Moscou en soldats alors que la guerre se prolonge. Des ressortissants étrangers permettent notamment de renforcer les effectifs sans recourir à une mobilisation générale de la population russe. L’ampleur du phénomène reste cependant difficile à établir avec précision, notamment en raison du manque de données indépendantes et des conditions de guerre.
Cette présence de combattants africains sur le front ukrainien soulève ainsi des questions sur la vulnérabilité des jeunes en recherche d’emploi et sur les méthodes utilisées par les réseaux de recrutement. Pour les gouvernements africains, l’un des principaux enjeux consiste désormais à mieux informer leurs ressortissants sur les risques liés aux offres d’emploi à l’étranger qui pourraient les conduire, parfois à leur insu, dans une zone de guerre.
Par PAUL ZAÏDI