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En République démocratique du Congo, le gouvernement veut revoir le financement du secteur du logement. La Première ministre a plaidé pour la création d’un instrument financier souverain consacré à l’habitat, alors que le pays fait face à un déficit estimé à près de quatre millions de logements, selon les chiffres attribués à ONU-Habitat.
Pour l’exécutif congolais, cette pénurie dépasse désormais la seule question du logement. Elle constitue un enjeu de souveraineté économique, de justice sociale et de stabilité. Le gouvernement avait déjà mis en place le Fonds national de l’habitat (FONHAB), destiné à jouer un rôle central dans le financement du secteur. Mais sa dotation initiale n’a pas pu être mobilisée en raison des contraintes pesant sur les finances publiques.
Face à ces difficultés, les autorités souhaitent mettre en place de nouveaux mécanismes capables de mobiliser des financements sur le long terme. Il s’agit notamment de développer le crédit hypothécaire national, de mieux valoriser le patrimoine immobilier de l’État et de faciliter l’intervention des investisseurs privés dans le secteur de l’habitat.
Le gouvernement envisage ainsi de s’inspirer de plusieurs expériences africaines, notamment au Sénégal, en Tunisie, au Burundi et en République du Congo, où des établissements publics spécialisés participent au financement du logement. Selon l’exécutif, une telle structure pourrait contribuer à sécuriser les programmes de logements sociaux, soutenir l’investissement et favoriser la création d’emplois.
À l’issue de la 97ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres, tenue le 28 août 2026 à Kinshasa, la Première ministre a chargé le ministre d’État en charge de l’Urbanisme et de l’Habitat ainsi que le ministre des Finances d’étudier les modalités de cette réforme. L’objectif est de déterminer les conditions permettant de transformer le FONHAB en une véritable Banque publique de l’habitat, dotée de prérogatives bancaires, conformément au Programme d’actions du gouvernement.
Par VERDIER KITAMBALA