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HISTOLA ; Histoire de la RDC. Une date. Un évènement. Une mémoire
La question de l’avenir des combattants du M23 est au cœur des débats au Nord-Kivu. Ce jour-là, la société civile provinciale s’oppose publiquement à une éventuelle intégration de membres du mouvement armé au sein des Forces armées de la RDC (FARDC), de la Police nationale et des institutions publiques. Son vice-président et porte-parole, Omar Kavota, exprime cette position dans une déclaration relayée par Radio Okapi.
Cette prise de position intervient alors que Kinshasa et le M23 ont repris leurs pourparlers de Kampala, sous médiation ougandaise. La veille, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, avait annoncé qu’une liste d’environ une centaine de responsables militaires du M23 était exclue de toute amnistie et de toute réintégration dans les FARDC. Le gouvernement distinguait ainsi les responsables qu’il considérait comme non éligibles d’une éventuelle réintégration.
Pour la société civile du Nord-Kivu, cette approche reste insuffisante. Omar Kavota demande au gouvernement d’élargir cette liste aux combattants du mouvement, estimant que leur réintégration dans les forces de sécurité risquerait, selon lui, de compromettre la réforme de l’armée. Ces propos constituent la position de la société civile du Nord-Kivu à cette date et ne doivent pas être confondus avec une conclusion indépendante sur la composition du M23.

Le débat intervient dans un contexte militaire encore tendu. Quelques semaines auparavant, les FARDC, appuyées par la brigade d’intervention de la Monusco, avaient repoussé le M23 à une trentaine de kilomètres de Goma. Les négociations de Kampala portent notamment sur les conditions de sortie de crise, alors que la question de l’amnistie, du retour des réfugiés et du devenir des combattants constitue l’un des dossiers sensibles du processus.
Le 20 septembre 2013 reste ainsi une date révélatrice des débats qui traversaient le Nord-Kivu autour de la réforme du secteur de la sécurité et de l’avenir des anciens combattants du M23. Quelques jours plus tard, le 21 septembre, la société civile provinciale lancera d’ailleurs une collecte de fonds et de vivres en faveur des FARDC engagées sur les fronts, signe du soutien qu’une partie de la population voulait apporter à l’armée congolaise dans ce contexte de conflit.
Par PAUL ZAÏDI