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Photo d'illustration - PZ www.taarifardc.netLe financement des travaux de modernisation de l’aéroport de Beni-Mavivi, dans la province du Nord-Kivu, suscite des interrogations sur la gestion des ressources mobilisées. Dans leurs publications du 9 octobre 2026, La Fortune RDC et TAARIFA RDC ont relayé des préoccupations concernant l’avancement du chantier et l’utilisation des fonds destinés à cette infrastructure stratégique. L’Association des commissionnaires congolais agréés en douane (ACCAD) réclame notamment un audit pour faire toute la lumière sur la gestion financière du projet.
Selon les informations rapportées par La Fortune RDC, la Société des services Vihumbira (SSV) affirme que plus de 66 % des travaux ont été réalisés, alors qu’elle n’aurait reçu qu’environ 1 à 2 % des fonds qui lui seraient dus. De son côté, une enquête relayée dans le débat public fait état d’un taux d’exécution d’environ 60 %. Ces chiffres divergents soulignent la nécessité d’une évaluation technique indépendante permettant d’établir précisément le niveau d’avancement du chantier et la situation réelle des paiements.
D’autres informations évoquent un montant initial de 6 millions de dollars américains pour les travaux, contre environ 7 millions qui auraient été décaissés. Une nouvelle demande de financement de 43 millions de dollars pour achever la piste est également mentionnée, tandis que l’entreprise affirme avoir engagé des fonds propres. Ces montants, qui restent à vérifier sur la base de documents contractuels et comptables, soulèvent des questions sur le coût global du projet, les engagements financiers des parties et les ressources encore nécessaires à son achèvement.
Cette controverse intervient après l’annonce, le 9 octobre, par le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Évariste Somo Kakule, de la suspension pour un mois de la perception des taxes conventionnelles sur les produits pétroliers et de l’ouverture d’audits sur les projets en cours dans la province. Les vérifications devraient notamment permettre de retracer les recettes collectées, de déterminer les montants effectivement transférés et de confronter les dépenses déclarées aux travaux réalisés sur le terrain.
Au-delà des divergences entre les acteurs concernés, l’enjeu est de garantir la transparence dans la gestion des ressources affectées à l’aéroport de Beni-Mavivi, une infrastructure importante pour la mobilité et le développement économique de la région. La publication des conclusions d’un audit indépendant, accompagnée des justificatifs financiers et des réponses des parties concernées, permettrait à la population de mieux comprendre la situation et d’établir d’éventuelles responsabilités si des irrégularités étaient confirmées. À ce stade, seule une vérification rigoureuse des données financières et techniques permettra de tirer des conclusions fiables.
Par PAUL ZAÏDI