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Les acteurs étatiques et de la société civile congolais et ougandais se réunissent les 12 et 13 octobre 2026 à l’hôtel Okapi Palace de Beni, au Nord-Kivu, pour évaluer les résultats du projet transfrontalier « La Paix au-delà des frontières » (Peace Beyond Borders). Cette initiative vise à renforcer la prévention de l’extrémisme violent et du terrorisme, tout en consolidant la paix dans la région des Grands Lacs.
Mis en œuvre en République démocratique du Congo et en Ouganda par Pole Institute et Prospect, sous la coordination de la Fondation Kofi Annan et avec le financement de l’Union européenne, le programme a contribué à l’élaboration de plans d’action transfrontaliers de prévention de la radicalisation. Quatre cadres de concertation et d’alerte précoce ont également été mis en place au Nord-Kivu et en Ituri, tandis qu’un comité de pilotage conjoint favorise la coopération entre les acteurs des deux pays.
La sensibilisation communautaire constitue un autre axe majeur du projet. Dix radios partenaires, notamment à Beni, Bunia, Irumu et Mambasa, ont produit et diffusé des émissions consacrées à la prévention de l’extrémisme violent. Par ailleurs, 200 jeunes issus de communautés vulnérables ont bénéficié de formations en éducation civique, en patriotisme et en autonomie financière. Certains ont également reçu des subventions pour lancer des activités entrepreneuriales, dans le but de réduire leur vulnérabilité face aux tentatives de recrutement par les groupes extrémistes.

Le programme a également mobilisé 240 jeunes issus de différentes communautés lors de huit rencontres culturelles organisées à Beni, Oicha et Bunia, autour du dialogue et de la résolution pacifique des conflits. En parallèle, des leaders et des associations de victimes de l’extrémisme violent ont été formés à la structuration associative et au plaidoyer. Leurs préoccupations ont été relayées auprès des décideurs lors de dialogues organisés notamment à Kasindi, Oicha, Bunia et Komanda. Une délégation de victimes du territoire de Beni doit également se rendre à Kinshasa pour présenter des notes de plaidoyer au FONAREV et aux instances nationales concernées.
À l’ouverture de la conférence, Maître Pascal-Charmant Wandambi, chef de projet de Pole Institute, a souligné que, malgré des signes d’amélioration sécuritaire et la reprise des activités socio-économiques sur certains axes autrefois touchés par les violences des ADF, la paix demeure fragile. Le maire de Beni, le commissaire supérieur principal Nyofondo Te Kobale, a pour sa part salué les initiatives favorisant le vivre-ensemble, la réconciliation et la collaboration entre les communautés. Quatre initiatives locales d’organisations de la société civile ont également bénéficié d’un appui technique et financier dans le cadre du programme.

La conférence de clôture doit permettre de formuler des recommandations pour pérenniser les acquis du projet et renforcer la coopération entre la RDC et l’Ouganda. Les organisateurs entendent notamment consolider les mécanismes d’alerte précoce, soutenir les jeunes vulnérables et mieux prendre en compte les besoins des victimes. L’objectif est de renforcer durablement la prévention de l’extrémisme violent et de contribuer à la consolidation de la paix dans la région des Grands Lacs.
Par PAUL ZAÏDI