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Au terme de la conférence de clôture du projet « La Paix au-delà des frontières », le 13 octobre 2026 à Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), le Centre d’études pour la promotion de la paix, la démocratie et les droits de l’homme (CEPADHO) propose la création d’une task force transfrontalière pour renforcer la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent, notamment celui associé aux Forces démocratiques alliées (ADF), également désignées ADF/MTM et affiliées à l’État islamique sous l’appellation ISCAP.
Pour Me Omar Kavotha, coordonnateur du CEPADHO, la consolidation des acquis du projet nécessite une coopération permanente entre les acteurs congolais et ougandais. Cette structure devrait réunir les services de sécurité et de défense, les acteurs judiciaires ainsi que les organisations de la société civile des deux pays. L’objectif serait de mutualiser les expériences, d’améliorer le partage d’informations et de renforcer les réponses communes face aux menaces d’extrémisme violent.
Selon cette proposition, la task force aurait notamment pour missions de recueillir des informations, d’assurer un suivi régulier de l’évolution de l’extrémisme violent dans les zones concernées, de traiter les alertes et de faciliter l’adoption de mécanismes conjoints de prévention. Ces dispositifs reposeraient notamment sur l’éducation à la paix, la sensibilisation communautaire et l’implication des médias, des organisations citoyennes et des responsables communautaires. Le CEPADHO insiste également sur la nécessité de combattre les complicités locales et les circuits de soutien financier susceptibles de favoriser les activités des groupes terroristes.
Au-delà de la prévention, Me Omar Kavotha plaide pour une coopération renforcée en matière de sécurité et de justice. Il estime que les efforts de répression devraient s’appuyer sur une coordination accrue entre les services compétents des deux pays, aussi bien dans les opérations de sécurité que dans les procédures judiciaires visant les auteurs d’actes terroristes et leurs complices. Il évoque également la nécessité d’étendre la coopération aux autres zones touchées par cette menace, notamment en Ituri et dans certaines parties du Haut-Uele, afin d’éviter que les groupes armés ne profitent des limites géographiques de l’action des autorités.
Cette proposition intervient alors que les acteurs étatiques et non étatiques de la RDC et de l’Ouganda viennent d’évaluer les acquis du projet « La Paix au-delà des frontières », mis en œuvre par Pole Institute et Prospect, sous la coordination de la Fondation Kofi Annan et avec le financement de l’Union européenne. Les assises de deux jours, organisées les 12 et 13 octobre à l’hôtel Okapi Palace de Beni, ont permis de mettre en avant plusieurs résultats, dont l’élaboration de plans d’action transfrontaliers, la mise en place de quatre cadres de concertation et d’alerte précoce au Nord-Kivu et en Ituri, ainsi que la création d’un comité de pilotage conjoint. Dix radios partenaires ont également participé à la sensibilisation contre l’extrémisme violent. Par ailleurs, 200 jeunes issus de communautés vulnérables ont bénéficié de formations, tandis que 240 autres ont pris part à huit rencontres culturelles consacrées au dialogue et à la résolution pacifique des conflits.
Pour le CEPADHO, l’enjeu est désormais de transformer ces acquis en mécanismes durables de coopération entre les deux pays. La création d’une task force transfrontalière constituerait, selon cette recommandation, un cadre de concertation destiné à rapprocher les autorités, les services spécialisés et les communautés dans la prévention de la radicalisation et la lutte contre les réseaux de soutien aux groupes extrémistes. Sa mise en place effective reste toutefois à concrétiser par les acteurs concernés.
Par PAUL ZAÏDI