RDC : le BCNUDH alerte sur une aggravation des violations des droits humains en mars 2026

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Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur la situation sécuritaire et humanitaire en République démocratique du Congo. Dans son rapport mensuel sur les droits humains en mars 2026, l’institution fait état d’une dégradation préoccupante marquée par une augmentation significative des violations et atteintes aux droits fondamentaux.

Selon le document, 524 violations et atteintes aux droits humains ont été documentées au cours du mois de mars, soit une hausse de 13 % par rapport au mois précédent. Les provinces affectées par les conflits armés concentrent la majorité des cas recensés, avec le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri et le Maniema en première ligne.

Les groupes armés et certains agents de l’État pointés du doigt

Le BCNUDH attribue la majorité des violations aux groupes armés actifs dans l’Est du pays, notamment l’AFC/M23, les Wazalendo, les ADF, les Nyatura, les groupes Maï-Maï et d’autres factions armées.

Toutefois, le rapport souligne également l’implication d’agents de l’État, notamment des éléments des FARDC, de la Police nationale congolaise (PNC) et des services de renseignements, dans un nombre important de violations, soulevant des interrogations sur la capacité des institutions publiques à protéger efficacement les populations civiles.

Des civils toujours plus exposés aux combats

L’ONU relève que la poursuite des affrontements entre les FARDC, appuyées par les Wazalendo, et l’AFC/M23 soutenue par la Force de défense rwandaise, a accentué les risques pour les civils.

L’utilisation d’armes lourdes et de drones dans des zones densément peuplées aurait entraîné des pertes en vies humaines ainsi que des destructions d’infrastructures civiles, aggravant davantage la crise humanitaire.

L’Ituri et le Nord-Kivu sous une pression sécuritaire constante

Dans les territoires de Djugu, Irumu et Mambasa en Ituri, ainsi qu’à Beni au Nord-Kivu, les attaques attribuées aux ADF, à la CODECO et à d’autres groupes armés continuent d’affecter gravement les populations.

Exécutions sommaires, enlèvements, pillages, violences physiques et déplacements forcés demeurent parmi les principales formes d’abus documentées durant la période sous revue.

Les violences sexuelles et les atteintes aux libertés publiques persistent

Le rapport met également en lumière la persistance des violences sexuelles liées aux conflits. Au moins 70 victimes, principalement des femmes et des filles, ont été recensées durant le mois de mars. Le BCNUDH précise néanmoins que les contraintes d’accès humanitaire pourraient masquer une réalité encore plus grave.

Par ailleurs, la réduction de l’espace civique demeure une source d’inquiétude. Arrestations arbitraires, intimidations et restrictions de la liberté d’expression visant des journalistes, des défenseurs des droits humains et des acteurs de la société civile ont été signalées dans plusieurs provinces.

Quelques avancées dans la lutte contre l’impunité

Malgré ce contexte difficile, le BCNUDH souligne certaines avancées judiciaires. Plusieurs militaires ainsi qu’un agent de la PNC ont été poursuivis, avec des condamnations prononcées pour des faits liés aux violations des droits humains.

L’institution poursuit également ses actions de formation et de sensibilisation auprès des magistrats, des organisations de la société civile et des forces de défense et de sécurité afin de renforcer la prévention des abus.

Un appel à renforcer la protection des populations

Face à cette détérioration persistante, le BCNUDH appelle au renforcement des mécanismes de protection des civils, au respect strict du droit international humanitaire et à une lutte plus efficace contre l’impunité.

Pour l’organisation, seule une réponse coordonnée des autorités, des partenaires internationaux et des acteurs locaux permettra d’améliorer durablement la situation des droits humains en République démocratique du Congo.

PAUL ZAÏDI

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