L’Association des Manutentionnaires du Congo (AMC), antenne de Kasindi, a adressé une correspondance officielle au Gouverneur militaire du Nord-Kivu afin de dénoncer plusieurs difficultés qui affectent les activités des manutentionnaires œuvrant au marché du bois de Kambo, dans la commune frontalière de Kasindi.
Dans cette lettre datée du 14 juin 2026, les manutentionnaires saluent d’abord l’initiative du Gouvernement ayant permis l’implantation du marché de bois scié à Kambo, une mesure qui visait à rapprocher les activités commerciales des acteurs locaux. Toutefois, ils affirment que plusieurs pratiques observées sur le terrain compromettent aujourd’hui le bon fonctionnement de ce secteur.
Selon les signataires du document, certains camions transportant du bois en provenance de la province de l’Ituri changeraient de destination une fois arrivés à Beni. Alors que les cargaisons sont initialement destinées à Kasindi, elles seraient réorientées vers l’Ouganda, privant ainsi les manutentionnaires locaux d’importantes opportunités de travail.
Les membres de l’AMC dénoncent également des écarts dans les frais de déclaration du bois. Ils évoquent notamment une différence de tarification entre Bahati et Kasindi, estimant que cette situation crée des déséquilibres et favorise des pratiques qui échappent au contrôle normal des services compétents de l’État.
Par ailleurs, l’association accuse certains intervenants de collaborer avec des déclarants afin de faciliter le transit de cargaisons sans un contrôle rigoureux des services habilités. Une situation qui, selon eux, contribue à réduire considérablement les retombées économiques attendues pour les exploitants et les travailleurs du secteur.
Face à ces préoccupations, les manutentionnaires demandent l’intervention urgente des autorités provinciales. Ils sollicitent notamment la fermeture de certains marchés qu’ils considèrent comme non reconnus officiellement par l’État, citant entre autres Mahagi, Beni et Kasenyi. Selon eux, la prolifération de ces circuits parallèles entraîne une baisse sensible des activités à Kambo et plonge de nombreux travailleurs dans le chômage.
« Nous souffrons du transport aller et retour sans travail », déplorent-ils dans leur correspondance, soulignant l’impact socio-économique de cette situation sur les familles dépendantes des revenus générés par la manutention.
Cette démarche de l’AMC intervient dans un contexte où les autorités provinciales multiplient les efforts pour renforcer la gouvernance des ressources naturelles et améliorer la traçabilité des produits forestiers dans la région du Nord-Kivu. Les manutentionnaires espèrent désormais que leur plaidoyer trouvera un écho favorable auprès des décideurs afin de restaurer l’équité et la transparence dans la filière du bois.