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Les efforts de médiation engagés pour résoudre le conflit opposant les groupements Bagungu et Beziya, dans le secteur de Bahema-Sud, territoire d’Irumu, ont été temporairement suspendus à l’issue d’une réunion tenue le 19 juin à Kasenyi.
Ce différend coutumier, qui perdure depuis plus d’une décennie, continue d’alimenter les tensions entre les deux entités. Chacune revendique la propriété de certaines portions de terres situées notamment autour de Kasenyi-centre et de ses environs.
Selon le chef du groupement Bagungu, le conflit remonte à l’année 2013. Il soutient que son entité, reconnue depuis l’époque précoloniale puis durant l’administration coloniale, réclame la restitution de plusieurs terres qui auraient été partagées lors des réorganisations administratives intervenues dans les années 1970, notamment celles de Kasenyi-centre.
De son côté, le chef du groupement Beziya affirme que depuis 2012, son entité fait face à ce qu’il qualifie d’occupation progressive de ses terres. Il accuse notamment les Bagungu d’étendre leur influence territoriale depuis la zone des cimetières de Kasenyi jusqu’au village Nyamove.

Pour mieux comprendre l’origine du différend, les autorités rappellent que le secteur de Bahema-Sud a été créé en 1959 avec trois groupements principaux : Babyazi, Bandihangu et Bundikosa. Avec l’expansion démographique et administrative de Kasenyi, une réorganisation territoriale est intervenue en 1976, donnant naissance aux groupements Bagungu et Beziya à la suite de la scission de Babyazi.
Cependant, les discussions engagées pour départager les deux parties se heurtent à plusieurs obstacles. Parmi ceux-ci figurent la difficulté à reconstituer avec précision l’arbre généalogique des entités concernées ainsi que l’absence de repères physiques fiables. Les pancartes qui matérialisaient autrefois les limites administratives auraient été détruites lors des violences interethniques qui ont secoué la région en 2002.
Face à cette situation complexe, l’administrateur militaire du territoire d’Irumu, le colonel Siro Nsimba Bunga Jean, a décidé de suspendre temporairement le processus de médiation. Cette décision vise à permettre aux différentes parties de rassembler davantage d’éléments historiques, administratifs et coutumiers susceptibles d’éclairer le dossier.
Les autorités territoriales réaffirment toutefois leur volonté de poursuivre les efforts de règlement pacifique des conflits coutumiers. Depuis le début du mois de juin, l’administration territoriale d’Irumu a fait de la résolution des différends liés au pouvoir coutumier et aux limites des entités l’une de ses priorités afin de renforcer la cohésion sociale et la stabilité dans la région.
La reprise des discussions est attendue dans les prochaines semaines, avec l’espoir de parvenir à une solution durable et consensuelle entre les deux groupements.
La Reine Aminata Kitambala