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Un atelier de consultation consacré à la mise en place d’un mécanisme d’orientation des victimes de la traite des personnes et des migrants vulnérables s’est tenu du 19 au 20 juin 2026 à Kasenyi, dans le secteur de Bahema-Sud, territoire d’Irumu en province de l’Ituri.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du projet BORDERLANDS, une initiative visant à renforcer la coopération transfrontalière, la stabilisation et la résilience des zones frontalières entre la République démocratique du Congo et la République de l’Ouganda.
Les travaux ont été officiellement lancés par l’administrateur militaire du territoire d’Irumu, le colonel Siro Nsimba Bunga Jean, qui a souligné la nécessité d’identifier les acteurs clés devant intervenir dans la détection, la prise en charge et l’accompagnement des victimes de la traite des personnes en RDC.
L’objectif principal de cet atelier était d’adapter le mécanisme national d’orientation aux réalités spécifiques des zones frontalières, particulièrement exposées aux mouvements migratoires irréguliers et aux réseaux de traite humaine.

Parmi les participants figuraient notamment des hôteliers, des militaires, des inspecteurs du travail, des transporteurs, des professionnels de santé, des agents de la Direction générale de migration (DGM), des magistrats, des policiers, des autorités locales, des organisations non gouvernementales ainsi que des travailleurs sociaux.
Selon les organisateurs, ces différents acteurs constituent les premiers maillons de la chaîne de protection. Leur rôle consiste à identifier les victimes potentielles, signaler les cas suspects et assurer l’orientation des personnes concernées vers les structures compétentes pour une prise en charge appropriée.
La traite des personnes demeure un phénomène préoccupant dans les régions frontalières. Les victimes sont souvent recrutées par la force, la tromperie, les fausses promesses ou les menaces avant d’être exploitées à diverses fins.
En Ituri, la persistance de l’insécurité et les déplacements massifs de populations ont accentué la vulnérabilité de nombreuses personnes. Les jeunes filles sont particulièrement exposées à l’exploitation sexuelle, tandis que certains garçons sont enrôlés de force dans des groupes armés ou contraints de travailler dans des carrières minières.

La situation est davantage compliquée par l’existence de nombreuses voies de passage non contrôlées le long de la frontière entre la RDC et l’Ouganda. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 400 pistes poreuses faciliteraient les mouvements irréguliers et favoriseraient les activités liées à la traite des personnes.
À travers cette initiative, les autorités locales et leurs partenaires espèrent renforcer la coordination entre les différents services intervenant dans la protection des victimes, afin d’améliorer la prévention, l’identification et la prise en charge des cas de traite dans les zones frontalières.
Cet atelier marque ainsi une étape importante dans la lutte contre ce fléau qui continue d’affecter les populations les plus vulnérables de la région.
La Reine Aminata Kitambala
