RDC : des prêtres de Kananga défendent une révision constitutionnelle dans le respect de la loi et répondent à la CENCO

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En République démocratique du Congo, le débat sur un éventuel changement ou une révision de la Constitution continue d’alimenter les divergences, y compris au sein de l’Église catholique.

Alors que la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a récemment réaffirmé son opposition à une révision constitutionnelle, évoquant notamment le risque de balkanisation du pays, un groupe de 17 prêtres catholiques de l’archidiocèse de Kananga a rendu publique une déclaration exprimant une position différente.

Dans leur déclaration, publiée à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la RDC, les signataires dénoncent des « insultes et intimidations » visant des membres du clergé et des personnes consacrées. Ils évoquent également des perturbations survenues lors des célébrations dominicales, notamment le dimanche 21 juin, ainsi que des propos jugés discourtois diffusés sur les réseaux sociaux à l’encontre des autorités ecclésiastiques.

« La déclaration des évêques de la CENCO du 19 juin 2026 n’est ni un décret, ni un arrêté, encore moins une décision, mais un message dont les signataires n’ont aucune prétention de s’ériger en institution de la République. En tant que tel, ce message n’empêche en rien un éventuel changement de la Constitution, ni l’expression du libre arbitre des citoyens », écrivent-ils.

« Dans toute démocratie, chaque citoyen a droit à la parole et à un point de vue, et nos évêques sont censés jouir de ce même droit. Selon l’article 23 de la Constitution, toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit implique la liberté d’exprimer ses opinions ou ses convictions, notamment par la parole, l’écrit et l’image, sous réserve du respect de la loi, de l’ordre public et des bonnes mœurs », rappellent-ils.

Concernant la signature de l’archevêque de Kananga sur la déclaration de la CENCO, les prêtres reconnaissent le caractère collégial de la mission épiscopale.

« Par conséquent, cette mission étant collégiale, aucun évêque ne peut être personnellement désavoué en raison de sa signature sur une déclaration commune. C’est dans cette perspective que nous pouvons comprendre la signature de Monseigneur l’Archevêque métropolitain de Kananga », peut-on lire dans leur déclaration.

Les signataires soulignent également que toute révision de la Constitution relève d’un processus légal. Se référant à l’article 218 de la Constitution, ils rappellent que l’initiative de la révision appartient aux autorités habilitées par la Loi fondamentale.

« Nous soutenons un éventuel changement de la Constitution de 2006, le cas échéant, à condition qu’il s’effectue dans le strict respect des moyens légaux prévus à cet effet », affirment les 17 prêtres, qui appellent en même temps les jeunes de Kananga au calme et à la retenue.

La révision de la constitution

De son côté, dans sa déclaration du 19 juin, la CENCO met en garde contre les conséquences d’un éventuel changement de la Constitution. Selon les évêques, tout passage en force dans cette direction comporte des risques majeurs, notamment celui de la balkanisation du pays.

« Dans un contexte où les rivalités politiques revêtent des connotations ethniques et tribales, le déclenchement d’une guerre civile est à redouter. Après un profond discernement, nous ne voyons ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité de modifier la Constitution », a déclaré le secrétaire général de la CENCO, Donatien Nshole.

Pour la CENCO, les véritables priorités de la République démocratique du Congo demeurent le rétablissement de la paix, l’amélioration du bien-être social de la population, ainsi que le renforcement de l’unité et de la cohésion nationale.

PAUL ZAÏDI

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