Kasindi : la quête de « formes parfaites » pousse certaines femmes vers la chirurgie esthétique en Ouganda, des risques sanitaires redoutés

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Un phénomène encore discret semble gagner du terrain parmi certaines femmes de la commune frontalière de Kasindi, dans le territoire de Beni. Attirées par les nouvelles tendances esthétiques et la recherche d’une silhouette jugée plus séduisante, certaines traverseraient la frontière congolo-ougandaise pour se rendre notamment à Mbarara, en Ouganda, afin de subir des interventions visant à augmenter le volume des fesses et des hanches ou à remodeler les seins.

Cette pratique suscite des interrogations sur les motivations des candidates, mais surtout sur les éventuelles conséquences sanitaires. Comme toute intervention chirurgicale, la chirurgie esthétique peut entraîner des complications et nécessite une prise en charge par des professionnels qualifiés ainsi qu’un suivi médical approprié.

Interrogé sur les risques liés à ces interventions, le médecin spécialiste en dermatologie Ruvake Machozi rappelle qu’aucune chirurgie n’est totalement dépourvue de risques ou d’effets secondaires. « Il n’existe pas de chirurgie sans effets secondaires. Les femmes qui sollicitent ce genre d’intervention doivent être conscientes des risques auxquels elles peuvent s’exposer », a-t-il déclaré.

Pour certaines femmes, la pression des standards de beauté et le regard masculin influenceraient également le recours à ces transformations corporelles. Une habitante de Kasindi témoigne : « Ces derniers temps, certains hommes sont attirés par les femmes aux formes généreuses. Pour certaines, il faut aussi s’adapter à la mode, quelles que soient les conséquences que cela pourrait avoir dans l’avenir ».

Une autre habitante se montre, en revanche, opposée à cette tendance et invite les femmes à ne pas mettre leur santé en danger pour répondre à des critères esthétiques. « Je décourage cette pratique. Une femme ne devrait pas risquer sa santé uniquement pour transformer son corps ou chercher à plaire. Les tendances passent, mais certaines conséquences peuvent rester toute la vie », estime-t-elle.

À Kasindi, cette tendance remet au centre du débat l’influence des standards contemporains de beauté et de la pression sociale sur la perception du corps féminin. Elle souligne également la nécessité d’une information médicale fiable afin que toute personne envisageant une chirurgie esthétique puisse connaître les risques, vérifier les qualifications des professionnels et prendre une décision éclairée.

PAUL ZAÏDI

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