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L’arrestation de Clovis Mutsuva, figure de la jeunesse engagée et membre de la coalition politique C64, continue de susciter des réactions dans la ville de Beni, au Nord-Kivu. Plusieurs activistes des droits humains dénoncent ce qu’ils qualifient de rétrécissement de l’espace civique sous le régime de l’état de siège.
L’activiste Junior Vusindi affirme que, depuis l’instauration de l’état de siège au Nord-Kivu et en Ituri, de nombreux défenseurs des droits de l’homme et membres de mouvements citoyens ont été confrontés à des arrestations, à l’exil ou à des menaces, tandis que d’autres demeurent détenus sans jugement définitif.
Selon les informations rapportées, Clovis Mutsuva a été arrêté le samedi 18 juillet dans le quartier Matonge, en ville de Beni. Il aurait été conduit au bureau T2 du secteur opérationnel des FARDC avant d’être transféré au cachot de l’auditorat militaire de garnison de Beni.

D’après les autorités judiciaires militaires, il est poursuivi pour « propagande portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation » et « propagation de faux bruits ».
Pour Junior Vusindi, Clovis Mutsuva est connu pour ses prises de position critiques sur la gestion de l’état de siège, ses interventions contre les massacres attribués aux ADF, la criminalité urbaine ainsi que sa participation aux actions citoyennes.
Son interpellation intervient à quelques jours de la marche annoncée par la coalition C64 pour le 22 juillet, une manifestation visant notamment à exprimer son opposition au projet de révision de la Constitution ainsi qu’à certaines actions des autorités provinciales.
Dans plusieurs milieux politiques et citoyens, cette arrestation est perçue comme un acte d’intolérance politique et de répression des voix dissidentes. Certains rappellent que Clovis Mutsuva avait déjà échappé à une tentative d’arrestation le 22 juin dernier, au rond-point du 30 Juin à Beni, alors qu’il revenait d’une émission de débat politique diffusée sur la Radio Muungano.
À ce stade, les autorités compétentes n’ont pas encore réagi publiquement aux critiques formulées par les activistes. Plusieurs organisations citoyennes appellent au respect des droits de la défense et à une procédure judiciaire conforme à la loi.
Par La Reine Aminata Kitambala