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En République démocratique du Congo, la prise en charge médicale des enseignants du territoire de Beni et de la ville d’Oïcha, dans la province du Nord-Kivu, suscite une interpellation parlementaire. Le député national Kombi Pendani Bosco a adressé, le 4 septembre 2026, une question écrite à la ministre d’État chargée de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté. Il y dénonce les dysfonctionnements présumés de la Mutuelle de santé des enseignants (MESP).
Selon le parlementaire, les enseignants matriculés dans cette partie de l’est de la RDC sont soumis chaque mois à une retenue de 5 000 francs congolais sur leur salaire au titre de leur affiliation à la MESP. Pourtant, affirme-t-il, de nombreux bénéficiaires rencontreraient des difficultés pour accéder effectivement aux soins de santé censés être couverts par cette mutuelle.
Pour Kombi Pendani Bosco, cette situation constitue une « double peine » pour les enseignants d’une région déjà confrontée à une insécurité persistante. Plusieurs établissements sanitaires, notamment des hôpitaux généraux de référence et des centres de santé, refuseraient, selon lui, de prendre en charge certains affiliés de la MESP. Le député évoque notamment des factures impayées par la mutuelle ainsi que l’absence ou l’expiration de conventions avec certaines structures médicales.
Des enseignants contraints de payer malgré les retenues
La situation serait particulièrement préoccupante dans les zones rurales. D’après le député, la concentration des structures sanitaires susceptibles de prendre en charge les affiliés obligerait certains enseignants à parcourir de longues distances pour recevoir des soins, parfois dans un contexte sécuritaire difficile.
En cas d’urgence médicale, notamment lors d’hospitalisations ou d’accouchements, des enseignants seraient également contraints de régler eux-mêmes leurs frais médicaux, parfois en espèces. Une situation qui, selon l’élu, pose la question de l’efficacité du système alors que des cotisations sont automatiquement prélevées sur les salaires.
Le parlementaire pointe également l’absence de cartes ou de documents officiels d’affiliation pour plusieurs enseignants. Certains continueraient, selon lui, à cotiser sans disposer de justificatifs leur permettant de bénéficier facilement des services de la mutuelle.
Un audit financier réclamé
Face à ces difficultés, Kombi Pendani Bosco demande au gouvernement de fournir des explications sur la gestion et le fonctionnement de la MESP dans le territoire de Beni et à Oïcha.
Dans sa question écrite, le député formule neuf préoccupations à l’adresse de la ministre d’État chargée de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté. Il réclame notamment un audit financier portant sur l’utilisation des fonds prélevés auprès des enseignants depuis février 2025, ainsi qu’un bilan précis du nombre d’enseignants ayant réellement bénéficié d’une prise en charge médicale.
L’élu demande également le règlement, en urgence, des éventuelles dettes de la mutuelle envers les structures sanitaires. L’objectif, selon lui, est de permettre aux enseignants affiliés de retrouver un accès effectif aux soins sans devoir avancer eux-mêmes la totalité des frais.
Des mesures conservatoires demandées
Kombi Pendani Bosco appelle enfin le gouvernement à prendre des mesures conservatoires immédiates pour protéger les enseignants confrontés à des urgences médicales, notamment dans les zones rurales et celles affectées par l’insécurité.
Cette démarche parlementaire met en lumière les difficultés rencontrées par des enseignants qui, malgré des prélèvements réguliers sur leurs rémunérations, disent ne pas toujours bénéficier d’une couverture médicale effective.
La balle est désormais dans le camp du gouvernement, appelé à répondre aux préoccupations soulevées par le député et à clarifier la gestion des cotisations versées au titre de la Mutuelle de santé des enseignants.
Par PAUL ZAÏDI