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Le député gabonais Augustin Lobelle Yembi a finalement quitté le Rwanda, après avoir été interpellé le 3 septembre à l’aéroport international de Kigali. L’élu indépendant, qui représente le deuxième siège du département de la Lolo-Bouenguidi, dans la province de l’Ogooué-Lolo, avait été placé en garde à vue à la suite d’une altercation présumée avec un superviseur de la compagnie aérienne RwandAir.
Alors qu’il devait répondre de cette affaire devant la justice rwandaise, une solution diplomatique a été trouvée entre Libreville et Kigali. Les autorités rwandaises ont remis le parlementaire aux autorités gabonaises, permettant ainsi son retour au pays. Cette issue intervient dans un contexte de rapprochement entre les deux États et illustre, une nouvelle fois, le poids des relations diplomatiques dans la gestion de certaines affaires judiciaires impliquant des ressortissants étrangers.
Mais le retour au Gabon n’a pas signifié la fin des ennuis judiciaires du député. Selon le quotidien gabonais L’Union, Augustin Lobelle Yembi a été directement placé en garde à vue dès son arrivée sur le territoire national. La procédure engagée au Rwanda est donc appelée à connaître une suite devant la justice gabonaise, conformément à l’accord conclu entre Libreville et Kigali.
Cette affaire soulève également la question de l’immunité parlementaire. Le bureau de l’Assemblée nationale gabonaise a pris acte de la situation, alors que l’article 73 du règlement intérieur prévoit qu’en matière pénale, un parlementaire ne peut être poursuivi, arrêté ou jugé sans l’autorisation du bureau de l’Assemblée nationale, sauf en cas de flagrant délit. La portée exacte de cette disposition dans le dossier Yembi pourrait donc devenir un nouvel enjeu de la procédure.
L’affaire Augustin Lobelle Yembi constitue ainsi un cas inédit dans les relations judiciaires entre le Gabon et le Rwanda. Interpellé à Kigali, il a finalement été remis à son propre pays plutôt que d’être jugé au Rwanda, mais reste désormais confronté à la justice gabonaise. Pour Libreville comme pour Kigali, le dossier met surtout en lumière un délicat équilibre entre coopération judiciaire, souveraineté nationale, immunité parlementaire et relations diplomatiques.
Par RUTH NGALULA