Views: 43

Une jeune fille d’au moins 19 ans, résidente de la commune rurale de Kasindi, affirme être victime de la diffusion sans son consentement de photos et d’une vidéo à caractère intime sur WhatsApp et plusieurs autres plateformes numériques. Les contenus auraient été découverts sur son ancien téléphone alors qu’elle l’avait confié à un réparateur et vendeur d’appareils mobiles dans le cadre d’une opération d’échange de téléphone, communément appelée localement « Bata ».
Selon son témoignage, la jeune fille possédait un iPhone 12 Pro Max qu’elle souhaitait échanger contre un modèle plus récent, avec un complément financier. C’est au cours du transfert des données vers le nouvel appareil que des contenus intimes auraient été retrouvés dans la corbeille de l’ancien téléphone. La victime explique avoir auparavant supprimé ces fichiers de sa galerie, sans savoir qu’ils demeuraient encore accessibles dans la corbeille.
Elle affirme que ces images et cette vidéo avaient été réalisées dans un cadre strictement privé et étaient destinées à son compagnon. La jeune fille assure également qu’elle entretenait jusque-là de bonnes relations avec lui et écarte toute implication de celui-ci dans la diffusion des contenus. D’après les informations recueillies, les fichiers auraient d’abord été transmis à une autre personne avant d’être relayés dans plusieurs groupes WhatsApp et sur d’autres réseaux sociaux.
La diffusion non consentie de contenus intimes soulève d’importantes questions relatives au respect de la vie privée et à la protection des données personnelles. En République démocratique du Congo, le Code du numérique encadre notamment la collecte, le traitement, la conservation et la protection des données à caractère personnel. Les circonstances exactes de cette affaire devront toutefois être établies par une enquête afin de déterminer les responsabilités de chaque personne ayant eu accès aux fichiers ou ayant participé à leur diffusion.
Les services compétents seraient actuellement mobilisés pour identifier les personnes impliquées. Si des suspects sont interpellés, leur responsabilité devra être établie sur la base des éléments de l’enquête et des dispositions applicables du Code du numérique ainsi que, le cas échéant, du Code pénal congolais. À ce stade, aucune responsabilité individuelle ne peut donc être définitivement établie avant l’intervention de la justice.
Cette affaire rappelle les risques liés à la conservation de contenus privés sur les téléphones et surtout à leur partage sur les plateformes numériques. Elle met également en évidence la responsabilité de toute personne qui reçoit une image intime et choisit de la transférer sans l’accord de la personne concernée. Pour la victime, l’enjeu est désormais de faire stopper la propagation des contenus, d’identifier les responsables présumés et de faire valoir ses droits devant les autorités compétentes.
Par PAUL ZAIDI – Journaliste d’investigation