RDC : la C64 défie le pouvoir dans la rue, Kinshasa sous tension autour du projet constitutionnel

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La Coalition Article 64 (C64) a investi la rue ce mardi à travers plusieurs villes de la République démocratique du Congo pour protester contre tout projet de changement de la Constitution et dénoncer ce qu’elle considère comme une possible ouverture vers un troisième mandat du président Félix Tshisekedi. À Kinshasa, la mobilisation, annoncée comme pacifique, a rapidement été marquée par des tensions entre manifestants, partisans du pouvoir et forces de l’ordre.

Une marche sous haute tension à Kinshasa

Dans la capitale, plusieurs centaines de militants de l’opposition se sont notamment retrouvés à l’Échangeur de Limete avant le départ du cortège. La manifestation devait se diriger vers le Palais du peuple, siège du Parlement. Selon plusieurs médias, le cortège a toutefois rencontré des barrières et des groupes de militants favorables au pouvoir, donnant lieu à des affrontements. La police est intervenue en faisant notamment usage de gaz lacrymogènes et de tirs de sommation.

La C64 maintient son mot d’ordre

La coalition, qui rassemble notamment Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga, affirme vouloir défendre l’ordre constitutionnel. Elle s’oppose au projet de modification de la Constitution et au processus référendaire engagé par les autorités. Pour ses dirigeants, cette mobilisation constitue un moyen de pression politique et citoyen face à ce qu’ils considèrent comme une menace pour l’alternance démocratique.

Plusieurs villes touchées

La contestation s’est également manifestée en province, mais avec des résultats très différents selon les villes. À Kananga, la marche a été dispersée à coups de gaz lacrymogènes et plusieurs militants ont été interpellés. À Lubumbashi, des sources sécuritaires citées par Radio Okapi font état d’une vingtaine d’arrestations. Des rassemblements ont également été empêchés à Kisangani, Mbandaka et dans d’autres villes. À Bandundu, en revanche, la marche a pu se tenir.

Le référendum au centre du bras de fer

Cette mobilisation intervient dans un contexte politique particulièrement sensible. Le débat autour du référendum et d’une éventuelle modification de la Constitution oppose désormais frontalement le pouvoir et une partie de l’opposition. La C64 estime que le processus peut ouvrir la voie à une nouvelle candidature de Félix Tshisekedi, dont le second mandat est en cours. Le pouvoir, de son côté, défend le processus institutionnel engagé autour de la réforme constitutionnelle.

La rentrée parlementaire en toile de fond

La manifestation coïncide également avec l’ouverture de la session ordinaire de septembre au Parlement. Au Sénat, son président Jean-Michel Sama Lukonde a appelé les acteurs politiques à saisir l’opportunité du dialogue national pour renforcer la cohésion du pays. Cette prise de position intervient alors que le dialogue politique constitue lui aussi un important sujet de désaccord entre les différents camps.

Un nouveau test pour le climat politique congolais

La journée du 15 septembre apparaît ainsi comme un nouveau tournant dans le bras de fer entre le pouvoir et une partie de l’opposition. La mobilisation de la C64 aura permis de mesurer la capacité de l’opposition à retourner dans la rue, mais les tensions et les dispersions observées dans plusieurs villes montrent également la fragilité du climat politique. Pour les prochaines semaines, le référendum, le dialogue national et la question de l’avenir institutionnel du pays devraient rester au cœur du débat politique congolais.

Par RUTH NGALULA

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