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HISTOLA ; Histoire de la RDC. Une date. Un évènement. Une mémoire
Le 23 septembre 1991, le Zaïre, aujourd’hui République démocratique du Congo, bascule dans une crise majeure. À Kinshasa, la grogne de militaires confrontés notamment à des problèmes de solde dégénère en mutineries, émeutes et pillages. Le mouvement intervient dans un contexte de grave dégradation économique et de transition politique difficile, un an après l’annonce du multipartisme par le président Mobutu Sese Seko.
La colère des militaires se transforme rapidement en violences dans la capitale. Des commerces, entrepôts et sites industriels sont pillés. Des éléments des forces de sécurité participent également aux pillages, selon le rapport du département d’État américain consacré à la situation des droits humains au Zaïre en 1991. Ce rapport indique que les événements des 23 et 24 septembre ont entraîné le pillage systématique de sites commerciaux et industriels et la perte d’au moins 100 000 emplois salariés dans la région de Kinshasa.
La situation dépasse rapidement les frontières de la capitale. Les troubles touchent plusieurs régions du pays et provoquent une importante opération d’évacuation des ressortissants étrangers. Selon une chronologie historique publiée par RFI, la grogne militaire de septembre 1991 fait 117 morts et entraîne l’évacuation de plus de 9 000 expatriés à travers le pays. Des forces françaises et belges interviennent alors pour assurer la protection et le rapatriement de leurs ressortissants.

Ces événements surviennent alors que le Zaïre traverse une période de profondes transformations politiques. Après l’annonce du multipartisme en 1990, la Conférence nationale souveraine commence ses travaux en août 1991. Mais, à l’extérieur du Palais du Peuple, les conditions de vie de la population continuent de se dégrader et les manifestations se multiplient. Pour Sciences Po, les troubles de septembre 1991 sont liés à des militaires « réduits à la misère », dans un contexte de crise sociale et politique.
Les pillages de septembre 1991 restent ainsi l’un des épisodes les plus marquants de la fin du régime de Mobutu. Ils révèlent l’ampleur de la crise économique, la fragilité de la chaîne de commandement militaire et les tensions politiques qui traversent alors le Zaïre. Quelques semaines plus tard, la confrontation entre Mobutu et l’opposition s’intensifie, avec notamment la montée en puissance d’Étienne Tshisekedi sur la scène politique nationale.
Sources : Sciences Po – Mass Violence & Resistance, Olivier Lanotte, Chronologie de la République démocratique du Congo / Zaïre (1960-1997).
Par PAUL ZAÏDI