Ouganda – Turquie : la suspension de la coopération militaire fragilise un partenariat stratégique

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Les relations entre l’Ouganda et la Turquie traversent une période de tensions. Le 19 septembre 2026, les forces armées ougandaises (UPDF) ont annoncé la suspension, avec effet immédiat, de leur coopération militaire avec Ankara. Selon l’armée ougandaise, cette mesure restera en vigueur jusqu’au règlement de certaines « questions en suspens » liées à la coopération de défense, sans davantage de précisions sur leur nature.

Cette décision intervient dans un contexte marqué par le différend autour de Fred Lumbuye, opposant et blogueur ougandais installé en Turquie. Kampala réclame son extradition et lui reproche notamment des activités jugées hostiles au gouvernement. Le 18 septembre, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés devant l’ambassade de Turquie à Kampala pour demander son retour. La mobilisation était organisée par la Patriotic League of Uganda, dirigée par le général Muhoozi Kainerugaba.

La suspension pourrait avoir des répercussions sur une coopération militaire développée depuis plusieurs années. Kampala et Ankara collaborent notamment dans la formation, l’industrie de défense et les équipements militaires, sur la base notamment d’un protocole signé en 2016. L’UPDF n’a toutefois pas précisé quels programmes sont directement concernés par la mesure ni indiqué de calendrier pour une éventuelle reprise.

Le différend intervient alors que les deux pays cherchaient à renforcer leurs échanges économiques. Kampala avait récemment multiplié les initiatives en faveur du commerce, des investissements et de la promotion du café ougandais sur le marché turc. Le tourisme figurait également parmi les secteurs encouragés dans le cadre de cette diplomatie économique.

À ce stade, la suspension militaire ne constitue pas une rupture diplomatique entre Kampala et Ankara. Quelques jours avant l’annonce de l’UPDF, le président Yoweri Museveni avait encore échangé avec l’ambassadeur turc à Kampala sur le renforcement des relations bilatérales. La crise met néanmoins à l’épreuve un partenariat qui s’est progressivement étendu à la défense, au commerce, aux investissements, à l’éducation et au tourisme.

Par PAUL ZAÏDI

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