Soudan du Sud : le projet de barrage de Fula relance les débats sur le partage des eaux du Nil

Views: 34

Le Soudan du Sud veut accélérer son projet de barrage hydroélectrique de Grand Fula, sur le Nil Blanc, près de Nimule, dans l’État de l’Équatoria-Oriental. Le ministre sud-soudanais de l’Énergie et des Barrages, Agok Makur Kur, a affirmé vendredi 18 septembre que son pays entendait exploiter ses ressources hydriques et énergétiques au nom de sa souveraineté. Il a assuré que Juba n’entendait pas renoncer au projet en raison d’une éventuelle opposition de l’Égypte.

Le projet de Grand Fula est envisagé depuis plusieurs années. Il doit être construit à environ 34 kilomètres en aval de Nimule et à quelque 137 kilomètres en amont de Juba. Selon les documents de planification cités par Plus News, l’ouvrage pourrait atteindre une capacité de production d’environ 1 080 mégawatts. Le projet se trouve toutefois encore au stade de préparation et de pré-construction.

À Juba, le gouvernement présente cette infrastructure comme une réponse aux graves difficultés d’accès à l’électricité auxquelles reste confronté le pays. Le ministre Agok Makur Kur indique avoir informé le président Salva Kiir des préparatifs. Des investisseurs et des représentants diplomatiques auraient également manifesté leur intérêt, même si les autorités n’ont pas encore détaillé le montage financier ni le calendrier de réalisation.

Le dossier s’inscrit dans le contexte plus large des tensions et négociations autour de l’utilisation des eaux du Nil. Le Soudan du Sud est membre de l’Initiative du bassin du Nil, qui sert de cadre de coopération entre les États riverains. Le gouvernement de Juba affirme vouloir développer ses ressources tout en maintenant la coopération avec les autres pays du bassin. Le Grand Fula se distingue notamment du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne, puisqu’il serait implanté sur le Nil Blanc, tandis que le barrage éthiopien se trouve sur le Nil Bleu. Les deux cours d’eau se rejoignent à Khartoum, au Soudan.

Cette nouvelle initiative ajoute donc un dossier au débat régional sur le développement hydroélectrique et la gestion des ressources en eau du Nil. Pour Juba, l’enjeu est d’accroître sa production énergétique et de valoriser ses ressources naturelles. Pour les pays situés en aval, la question centrale demeure celle de l’impact des infrastructures construites en amont sur les flux du fleuve. Le projet de Fula pourrait ainsi devenir un nouveau test pour les mécanismes de coopération entre les pays du bassin du Nil.

Par RUTH NGALULA

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *