Views: 64

HISTOLA ; Histoire de la RDC. Une date. Un évènement. Une mémoire
Le 24 septembre 2024, une vive contestation éclate à l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo autour de la prorogation de l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Des députés originaires de ces provinces, ainsi que du Sud-Kivu et de la Tshopo, expriment leur mécontentement au président de la Chambre basse, Vital Kamerhe, après avoir boycotté la plénière consacrée à cette mesure.
Au cœur de leur protestation : l’absence de débat préalable avant la prorogation de l’état de siège. Quelques jours plus tôt, le 19 septembre, l’Assemblée nationale avait adopté le texte autorisant une nouvelle prolongation. Sur les 335 députés ayant participé au vote, 328 s’étaient prononcés pour, quatre contre et trois s’étaient abstenus. Le renouvellement devait entrer en vigueur le 24 septembre pour une durée de quinze jours.
Pour les élus contestataires, cette procédure ne permettait pas d’examiner suffisamment les résultats de l’état de siège, instauré en mai 2021 dans le Nord-Kivu et l’Ituri. Certains ont dénoncé une décision prise sans véritable débat parlementaire et ont menacé de quitter définitivement l’Assemblée nationale si leurs préoccupations n’étaient pas prises en compte. Ces députés réclamaient notamment une discussion approfondie sur la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est du pays.

Face à ces revendications, Vital Kamerhe a appelé les élus à la vigilance et à la retenue. Le président de l’Assemblée nationale a également indiqué que son bureau travaillait à rechercher des réponses aux préoccupations exprimées et a réaffirmé son engagement à organiser des plénières consacrées à la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Le même jour, l’état de siège entrait donc dans une nouvelle période de quinze jours. Au Sénat, le texte avait également été adopté le 20 septembre, en seconde lecture, par 69 sénateurs sur 74 votants, avec deux voix contre et trois abstentions. Des sénateurs avaient toutefois demandé une nouvelle évaluation de cette mesure exceptionnelle, estimant nécessaire d’en examiner les résultats et les conséquences sur la situation sécuritaire et humanitaire.
Deux ans plus tard, cet épisode reste un moment révélateur des tensions entre une partie de la représentation parlementaire de l’Est et les institutions nationales autour de l’état de siège. Il illustre surtout la demande récurrente des élus des provinces concernées pour que la situation sécuritaire et humanitaire de leurs populations fasse l’objet d’un débat parlementaire approfondi.
Sources : Radio Onusienne, Actualite.cd, Archives parlementaires de la RDC.
Par PAUL ZAÏDI