Views: 59

Pierre Mulele lors d'une rencontre avec les autorités coloniales à KinshasaHISTOLA ; Histoire de la RDC. Une date. Un évènement. Une mémoire
Le 2 octobre 1968 reste une date sombre dans l’histoire politique de la République démocratique du Congo. Ce jour-là, Pierre Mulele, ancien ministre de l’Instruction publique dans le gouvernement de Patrice Lumumba et figure majeure de la rébellion du Kwilu, est arrêté à Kinshasa après être rentré d’exil dans le cadre d’une amnistie. Avec lui, Théodore Bengila, autre responsable de la rébellion, est également arrêté.
Pierre Mulele avait quitté le Congo après l’échec de la rébellion qu’il avait dirigée dans le Kwilu à partir de 1964. Son mouvement s’inscrivait dans le contexte particulièrement violent des premières années de l’indépendance, marquées par les luttes politiques, les rébellions armées et les affrontements entre les forces gouvernementales et différents mouvements insurrectionnels.
En 1968, le pouvoir du président Joseph-Désiré Mobutu, arrivé au pouvoir par un coup d’État en novembre 1965, cherche à consolider son autorité sur le pays. Le retour de Mulele intervient dans ce contexte, sous couvert d’une mesure d’amnistie. Mais cette promesse ne le protège pas : le 2 octobre, lui et Théodore Bengila sont arrêtés avant d’être exécutés par des officiers de l’Armée nationale congolaise. Les travaux historiques consultés qualifient les circonstances de leur mise à mort de particulièrement cruelles.
La disparition de Pierre Mulele marque ainsi un nouvel épisode de la répression politique qui caractérise les premières années de la Deuxième République. Son parcours reste toutefois associé à l’histoire du lumumbisme et aux rébellions qui ont profondément marqué le Congo dans les années 1960. Les recherches historiques soulignent également que cette période a été marquée par de graves violences commises par plusieurs protagonistes du conflit, rendant son histoire particulièrement complexe.
Le 2 octobre 1968, Pierre Mulele disparaît donc dans les violences politiques de l’après-indépendance. Plus d’un demi-siècle après sa mort, son nom demeure lié à une période où le Congo indépendant cherchait encore son équilibre institutionnel, tandis que les conflits armés et la répression redessinaient profondément la vie politique du pays. Pour HISTOLA – « Une date. Un événement. Une mémoire », cette journée rappelle combien la mémoire de la RDC est aussi faite de figures, de combats et de tragédies qui continuent de nourrir la compréhension de son histoire contemporaine.
Source : Cambridge University Press – The Journal of African History
Par PAUL ZAÏDI