RDC : Patrick Katengo rejette la lecture identitaire d’Azarias Ruberwa sur la crise dans l’Est

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Patrick Katengo, président du Forum national de la jeunesse (FNJ), lors d’une prise de position sur les déclarations d’Azarias Ruberwa concernant les populations swahiliphones en RDC.
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Patrick Katengo, président du Forum national de la jeunesse (FNJ), lors d’une prise de position sur les déclarations d’Azarias Ruberwa concernant les populations swahiliphones en RDC.

Le président du Forum national de la jeunesse (FNJ), Patrick Katengo, réagit vivement aux déclarations tenues aux États-Unis par l’ancien vice-président de la République et ancien responsable du RCD-Goma, Azarias Ruberwa, au sujet des populations swahiliphones de la RDC. Il rejette une lecture qu’il juge « identitaire » de la crise congolaise et estime que la question des communautés ne doit pas être utilisée comme argument politique dans le débat national.

Patrick Katengo rappelle que les populations swahiliphones sont des Congolais à part entière et que le swahili figure parmi les langues nationales de la RDC. Selon lui, cette réalité linguistique ne peut servir à présenter le pays comme un État persécutant une partie de sa population. Il estime que la protection des civils doit s’appliquer sans distinction d’origine, d’appartenance communautaire ou de langue.

Le président du FNJ accuse par ailleurs Azarias Ruberwa d’être un « relais politique de Kigali ». Une accusation qui relève de sa position politique. Pour l’étayer, Patrick Katengo revient sur le passé de l’ancien vice-président, notamment son rôle à la tête du RCD-Goma durant la deuxième guerre du Congo et les violences attribuées à cette rébellion à Kisangani en mai 2002.

Patrick Katengo évoque notamment des rapports des Nations unies faisant état de graves violations des droits humains, parmi lesquelles des exécutions sommaires, des meurtres de civils, des violences sexuelles, des pillages et des exécutions de détenus. Il rappelle également que des conclusions onusiennes avaient fait état d’au moins 163 personnes tuées et que le Conseil de sécurité avait demandé que les responsables de ces violences, y compris les personnes ayant donné les ordres, répondent de leurs actes.

Face aux tensions persistantes dans l’Est de la RDC, Patrick Katengo appelle finalement à une approche fondée sur les faits et la justice. Il estime que toutes les victimes doivent bénéficier de la même protection et que les responsabilités doivent être examinées sans distinction communautaire. Il met ainsi en garde contre toute instrumentalisation identitaire susceptible, selon lui, d’alimenter davantage les divisions et l’instabilité dans la région.

Par RUTH NGALULA

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