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HISTOLA ; Histoire de la RDC. Une date. Un évènement. Une mémoire
8 octobre 1996. Il y a trente ans, alors que l’est du Zaïre, aujourd’hui République démocratique du Congo, était déjà marqué par de fortes tensions, les autorités du Sud-Kivu prenaient une décision qui allait contribuer à aggraver le climat d’insécurité dans la région. Le vice-gouverneur du Sud-Kivu, Lwabanji Lwasi, ordonnait aux Banyamulenge de quitter la province dans un délai d’une semaine, sous peine d’être considérés comme des éléments armés infiltrés et traités comme tels.
Cette décision intervient dans un contexte particulièrement tendu. Deux jours auparavant, le 6 octobre 1996, l’hôpital de Lemera, dans le territoire d’Uvira, avait été attaqué. Le Rapport Mapping des Nations unies fait état de la mort de plusieurs dizaines de personnes lors de cette attaque. L’événement contribue alors à accentuer les tensions entre différentes communautés et acteurs armés dans le Sud-Kivu.
L’ultimatum du 8 octobre s’inscrit dans une succession d’événements qui vont rapidement précipiter l’est du Zaïre dans une nouvelle guerre. Dans les semaines suivantes, les combats s’intensifient au Sud-Kivu. L’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) apparaît progressivement comme une nouvelle force politico-militaire soutenue par plusieurs pays voisins. Uvira tombe aux mains des rebelles à la fin du mois d’octobre 1996, marquant une étape majeure dans l’effondrement du dispositif militaire zaïrois dans l’est du pays.
La première guerre du Congo, qui éclate officiellement à l’automne 1996, aboutira quelques mois plus tard à la chute du président Mobutu Sese Seko. Le 17 mai 1997, Laurent-Désiré Kabila entre à Kinshasa et met fin au régime du Zaïre, qui reprend officiellement le nom de République démocratique du Congo. Le 8 octobre 1996 demeure ainsi une date importante pour comprendre la succession d’événements qui ont précédé l’une des ruptures majeures de l’histoire contemporaine de la RDC.
Source : Rapport Mapping du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (ONU)
Par PAUL ZAÏDI