RDC : la paternité du franc congolais ravive le débat entre Jean-Claude Masangu et Noël Tshiani

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Près de trois décennies après l’introduction du franc congolais, un débat sur la paternité de cette réforme monétaire ressurgit en République démocratique du Congo. L’ancien gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Jean-Claude Masangu Mulongo, et l’économiste Noël Tshiani confrontent leurs récits sur le rôle joué par chacun dans la conception de la monnaie nationale, lancée en 1998.

Le franc congolais a été institué officiellement par le décret-loi n°080 du 17 juin 1998 et mis en circulation le 30 juin de la même année, selon le rapport annuel de la BCC. La banque centrale précise que la réforme monétaire a conduit au remplacement du nouveau zaïre et à la réunification de l’espace monétaire national. La parité initiale avait été fixée à 1 dollar américain pour 1,38 franc congolais.

Noël Tshiani soutient que le processus de conception du franc congolais avait commencé avant la nomination de Jean-Claude Masangu à la tête de la BCC. Il affirme notamment avoir joué un rôle dans la décision de ne pas faire figurer l’effigie de Laurent-Désiré Kabila sur les nouveaux billets. De son côté, Jean-Claude Masangu rejette l’idée d’une paternité individuelle et affirme que la réforme relevait du travail d’une équipe et d’une cellule technique de la Banque centrale. Il rappelle également que son mandat comme gouverneur, officiellement documenté par la BCC, a commencé en août 1997 et que l’introduction du franc congolais constituait l’une de ses premières missions.

Au-delà de cette querelle de paternité, les documents officiels disponibles présentent surtout le franc congolais comme le résultat d’une réforme monétaire institutionnelle. La BCC indique elle-même que la monnaie est le produit d’une réforme initiée par les nouvelles autorités politiques et que sa mise en circulation a été accompagnée d’une campagne nationale de sensibilisation et d’un dispositif logistique destiné au remplacement de l’ancienne monnaie. Le débat actuel entre Masangu et Tshiani relève donc principalement de l’interprétation du rôle individuel de chacun dans un processus dont la réalisation finale est documentée comme une opération de la Banque centrale.

Par RUTH NGALULA

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