RDC : les taxis-motos, une réponse au chômage des jeunes à Kasindi

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La scène du travail au parking Kiciment près du marché central de Lubiriha, sur la route nationale numéro 4 (RN4) Ph. PZ – 2024

Face au manque d’emplois et à la précarité, de nombreux jeunes congolais se tournent vers le transport par motos-taxis pour assurer leur survie quotidienne. Cette réalité est particulièrement visible à Kasindi-Lubiriha, cité frontalière du secteur de Ruwenzori, dans le territoire de Beni, où cette activité est devenue une importante source de revenus pour une partie de la jeunesse.

Depuis plus d’une décennie, l’activité attire des jeunes aux profils variés, parmi lesquels des célibataires, des personnes mariées et des chefs de famille. Certains sont peu instruits, tandis que d’autres ont poursuivi leurs études sans parvenir à décrocher un emploi stable. « Je fais la moto depuis sept ans, mais pour moi, ce n’est même pas d’abord un métier. C’est juste un moyen de chercher de quoi manger. Si je trouve un emploi stable qui peut me permettre de fonder une famille, je vais laisser », témoigne sous anonymat un conducteur.

L’accessibilité de cette activité explique en partie son expansion. Un jeune peut travailler avec la moto d’un parent, d’un proche ou d’un propriétaire, généralement en échange d’une recette journalière. Cette facilité d’accès permet à certains sans-emploi de disposer rapidement d’une source de revenus, même si elle soulève aussi des questions liées à la formation des conducteurs, au respect de la réglementation et à la sécurité routière.

L’essor des motos-taxis s’inscrit dans un contexte socioéconomique marqué par le chômage et le poids du secteur informel en République démocratique du Congo. Dans plusieurs régions, les jeunes développent des activités de débrouille pour répondre à leurs besoins essentiels. Le taxi-moto apparaît ainsi comme une réponse immédiate à l’absence d’opportunités professionnelles pour une partie de cette jeunesse.

Au-delà de son aspect économique, cette activité révèle également la capacité d’initiative de jeunes confrontés à la précarité. Le taxi-moto ne constitue pas une solution structurelle à la crise de l’emploi, mais il permet à de nombreux conducteurs de générer des revenus et de contribuer aux dépenses de leurs ménages.

Derrière chaque moto-taxi se dessine ainsi une réalité sociale plus large : celle d’une jeunesse qui cherche à rester active malgré des perspectives professionnelles limitées. Pour beaucoup de ces jeunes, conduire une moto représente moins un choix de carrière qu’un moyen de subsistance, en attendant l’accès à des emplois plus stables et à de meilleures opportunités.

Par PAUL ZAÏDI

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