RDC : de journaliste à actrice humanitaire, le parcours de Rose Kahambu Tuombeyane au Nord-Kivu

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Une image issue du reportage photographique consacré aux femmes qui documentent les violences et œuvrent pour la paix dans l’est de la RDC. Source et galerie : Pulitzer Center - Actors of Change⁠

Ces informations ont été recueillies lors d’une récente interview exclusive accordée à TAARIFA RDC, à l’hôtel Okapi Palace, dans la ville cosmopolite de Beni, au Nord-Kivu. Au cours de cet entretien, Rose Kahambu Tuombeyane est revenue sur son parcours professionnel, son engagement au sein de la société civile et les initiatives menées en faveur de la paix et de la protection des personnes vulnérables.

Titulaire d’une licence en sciences de l’information et de la communication, elle a notamment exercé à la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC), au sein de la sous-station de Butembo-Beni. Cette expérience dans les médias lui a permis de s’intéresser aux réalités sociales et sécuritaires de la région, où les violences armées, les déplacements de populations et les violations des droits humains constituent des préoccupations majeures.

En 2009, elle a pris part à l’initiative de création du Collectif des femmes journalistes (CFJ), avec d’autres professionnelles des médias. Cette structure entendait notamment contribuer à la diffusion d’informations sur la paix et à la documentation des violences affectant les communautés. En 2011, elle a également contribué à la mise en place de Radio Communautaire Salama, un média présenté comme un espace d’expression pour les femmes et de sensibilisation communautaire.

Son engagement s’est ensuite élargi au domaine de la défense des droits humains et de l’accompagnement des personnes affectées par les crises. En 2014, elle a participé à la création de la Dynamique des femmes pour la bonne gouvernance (DYFEGOU), dont elle assure la coordination. Cette organisation intervient notamment dans la promotion de la paix, la protection des personnes vulnérables, la documentation des violences et le plaidoyer auprès des autorités.

Dans un contexte marqué par les conséquences des massacres attribués aux groupes armés, notamment les Forces démocratiques alliées (ADF), les initiatives de la DYFEGOU portent également sur la prise en compte des besoins des survivantes et des communautés affectées. L’accompagnement psychosocial, la réinsertion sociale et l’autonomisation économique figurent parmi les enjeux mis en avant dans les démarches de plaidoyer menées avec différents interlocuteurs.

En octobre 2026, les actions de plaidoyer menées à Beni ont notamment porté sur le renforcement de l’accompagnement des survivantes des massacres et leur autonomisation. La DYFEGOU a également plaidé pour une meilleure protection des enfants, notamment face aux risques d’enrôlement dans des groupes armés ou d’autodéfense. Ces préoccupations s’inscrivent dans un contexte où les familles touchées par l’insécurité ont besoin d’un soutien durable pour reconstruire leur vie.

Au-delà de l’action humanitaire, Rose Kahambu Tuombeyane défend également la participation des femmes aux processus de décision et la responsabilisation des pouvoirs publics. En janvier 2023, elle a adhéré à l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC), marquant son entrée officielle dans la vie politique. Elle avait alors évoqué des priorités telles que le retour de la paix, la bonne gouvernance, l’entrepreneuriat féminin et l’amélioration de l’éducation.

Son parcours témoigne ainsi d’une évolution du journalisme vers l’action associative et le plaidoyer humanitaire, sans abandonner les enjeux de gouvernance. À travers la DYFEGOU, elle contribue aux initiatives locales qui cherchent à donner davantage de visibilité aux victimes des violences et à porter leurs préoccupations auprès des décideurs.

Dans le Nord-Kivu, où les besoins humanitaires restent importants, la protection des civils, l’accompagnement des survivantes et la participation des femmes à la consolidation de la paix demeurent des défis majeurs. L’expérience de Rose Kahambu Tuombeyane illustre le rôle que peuvent jouer les organisations féminines et les acteurs de la société civile dans la sensibilisation, la défense des droits et la recherche de réponses aux conséquences des conflits.

Par PAUL ZAÏDI

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