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Lancé avec l’ambition d’offrir une solution durable aux inondations récurrentes qui frappent la cité frontalière de Kasindi, le chantier du grand canal collecteur des eaux de ruissellement, communément appelé Kifereji, est aujourd’hui à l’arrêt. Cette suspension des travaux suscite une vive inquiétude parmi les habitants, d’autant plus que la saison des pluies augmente considérablement les risques d’érosion et d’inondations.
Exécuté par l’entreprise RTMC SARL, le projet devait permettre de canaliser les eaux pluviales vers la rivière Lubiriha et protéger plusieurs quartiers, notamment Congo ya Sika, Muvingi, Mwangaza, Vuthalevekwa et Kamirongo. Plus de six mois après son lancement, le chantier n’aurait progressé qu’à une faible proportion avant d’être interrompu.
Les populations riveraines redoutent désormais que les fortes pluies n’aggravent la situation. Plusieurs habitations restent exposées aux eaux de ruissellement, tandis que les excavations laissées sur le chantier compliquent la circulation et accentuent les risques pour les usagers.
Des voix s’élèvent également pour dénoncer les conséquences économiques de cet arrêt. Selon des informations relayées par des acteurs locaux, plusieurs fournisseurs de matériaux, des propriétaires de maisons et de véhicules loués ainsi que des ouvriers attendraient toujours le paiement de leurs créances.
Réagissant à cette situation, le citoyen engagé Nicho Lucho appelle les autorités à prendre des mesures urgentes.
« Dès le début des travaux, plusieurs observateurs s’interrogeaient sur la capacité financière de la société RTMC à exécuter ce chantier. Aujourd’hui, les faits parlent d’eux-mêmes : après environ 15 % des travaux réalisés, le chantier est à l’arrêt. Plusieurs dettes seraient restées impayées envers les commerçants, les propriétaires de maisons et de véhicules, les ouvriers ainsi que les fournisseurs de sable et de pierres. Les conséquences sont graves : l’argent des commerçants est bloqué, les travailleurs sont au chômage, les populations vivent avec des maisons menacées par les érosions et la circulation reste fortement perturbée. Face à cette situation, nous demandons aux autorités compétentes de remplacer la société RTMC par Christine Compagnie afin d’achever rapidement les travaux dans l’intérêt de la population », a déclaré Nicho Lucho.
Pour de nombreux habitants, la reprise rapide du chantier devient une urgence afin d’éviter que les pluies ne provoquent de nouveaux dégâts matériels et ne mettent davantage en danger les familles vivant à proximité du canal inachevé.
À ce stade, les autorités provinciales et l’entreprise en charge du projet ne se sont pas encore officiellement exprimées sur les raisons de l’arrêt des travaux ni sur un éventuel calendrier de reprise.
Par PAUL ZAÏDI