Nord-Kivu : 18 septembre 2023, une journée historique entre deuil à Goma et changement à la tête de la province

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Le 18 septembre 2023 reste une date marquante dans l’histoire récente du Nord-Kivu. À Goma, cette journée a été dominée par l’inhumation des victimes des violences du 30 août et par de nouvelles tensions autour de cette cérémonie. Elle a également été marquée par la désignation du général-major Peter Cirimwami comme gouverneur militaire intérimaire de la province.

Trois semaines après les violences du 30 août à Goma, les autorités avaient annoncé l’inhumation des victimes au cimetière de Makao, dans le territoire de Nyiragongo. La Cour militaire du Nord-Kivu avait ordonné cette mise en terre lors de son audience du 16 septembre. Six militaires, dont deux officiers supérieurs, étaient alors poursuivis devant la justice militaire afin d’établir les responsabilités dans les événements.

L’annonce de ces obsèques avait toutefois provoqué des contestations dans plusieurs quartiers de Goma. Des jeunes avaient érigé des barricades à Katindo-Ndosho, Kyeshero et sur l’axe Katoyi-Majengo, entraînant une paralysie temporaire de plusieurs activités économiques et scolaires. Les manifestants réclamaient notamment une concertation avec les familles des victimes avant l’organisation des funérailles.

Dans l’après-midi, le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Peter Kazadi, est arrivé à Goma pour superviser l’organisation des funérailles et rencontrer les familles. Selon l’ACP, 56 corps ont finalement été conduits au cimetière de Makao-Kibati et inhumés après un accord avec les familles présentes. La cérémonie s’est déroulée notamment avec une prière œcuménique, dans un climat marqué par une forte émotion.

Cette même journée a également marqué un changement important dans la conduite de la province. Le général-major Peter Cirimwami, alors commandant des opérations militaires au Nord-Kivu, a été désigné gouverneur militaire intérimaire, après le rappel à Kinshasa du lieutenant-général Constant Ndima. Le ministre de l’Intérieur Peter Kazadi avait expliqué que cette désignation visait notamment à éviter un vide à la tête de la province sous état de siège.

Ainsi, le 18 septembre 2023 restera comme une journée particulièrement significative dans la mémoire récente du Nord-Kivu : à Goma, les familles accompagnaient leurs proches vers leur dernière demeure après les violences du 30 août, tandis qu’un nouveau responsable militaire prenait provisoirement les commandes de la province. Une journée où se sont mêlés deuil, contestation, justice et réorganisation de l’autorité provinciale, dans un contexte sécuritaire particulièrement difficile.

Par PAUL ZAÏDI

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