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La ministre d’État chargée des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaïba Masudi, est arrivée vendredi 18 septembre 2026 à Beni, dans la province du Nord-Kivu. Sa visite intervient dans une région où des milliers de personnes ont fui les violences et où les besoins humanitaires restent importants. À Beni et dans les environs, l’accès à l’eau, aux abris, aux soins de santé, à l’éducation et aux articles ménagers demeure notamment préoccupant.
Des retours, mais sur une base volontaire
L’un des axes défendus par le gouvernement est l’identification, parmi les personnes déplacées, de celles qui souhaitent regagner volontairement leurs milieux d’origine. Cette démarche doit toutefois être précédée par l’amélioration des conditions de sécurité et accompagnée de mesures permettant aux familles de reprendre leurs activités et de retrouver progressivement leur autonomie.
Cette orientation correspond à la stratégie présentée par Ève Bazaïba en juin à Bunia. La ministre avait alors expliqué que l’aide humanitaire d’urgence ne pouvait constituer, à elle seule, une solution durable. « Nous ne voulons plus maintenir durablement les populations dans une situation de dépendance à l’aide humanitaire », avait-elle déclaré, en défendant une approche dite du « nexus », qui associe humanitaire, développement et paix.
Kits et moyens de subsistance
Pour les familles qui choisissent de rentrer, l’enjeu est donc de préparer leur réinstallation. Cela passe notamment par des kits de première nécessité, l’accès à l’eau et aux services sociaux de base, mais aussi par la possibilité de reprendre une activité génératrice de revenus. Le 17 septembre, dans le territoire de Beni, trente ménages vulnérables, dont des déplacés et des retournés, ont justement reçu des kits d’articles ménagers essentiels dans le cadre d’une initiative soutenue par le PNUD et le Canada.
La ministre avait également annoncé des programmes d’autonomisation destinés notamment aux jeunes déplacés : rattrapage scolaire, alphabétisation, formation professionnelle et accompagnement vers l’entrepreneuriat. L’objectif affiché est de permettre aux bénéficiaires d’acquérir des compétences et de développer progressivement leurs propres moyens de subsistance. « Nous ne voulons pas les abandonner », avait insisté Ève Bazaïba, tout en précisant que l’assistance humanitaire devait continuer parallèlement aux programmes d’autonomisation.
La sécurité, condition du retour
À Beni, cette question reste particulièrement sensible. Lors d’une mission effectuée début septembre, le coordonnateur humanitaire des Nations unies en RDC, Damien Mama, avait rencontré des familles déplacées à Oicha et à Beni. Les populations avaient notamment fait état de difficultés concernant les abris, l’eau, les soins et les articles ménagers. Certaines exprimaient également le souhait de pouvoir retourner chez elles lorsque les conditions de sécurité seraient réunies.
La visite d’Ève Bazaïba intervient donc à un moment où le défi consiste à articuler assistance humanitaire, sécurité, retour volontaire et relance économique. Pour le gouvernement, l’objectif affiché est de passer progressivement d’une réponse centrée sur l’urgence à des solutions permettant aux populations déplacées de retrouver leur autonomie, sans interrompre l’aide destinée aux personnes qui en ont encore besoin. À Beni, la réussite de cette approche dépendra notamment des conditions de sécurité dans les zones de retour et de la capacité des autorités et de leurs partenaires à maintenir les services essentiels.
Par PAUL ZAÏDI