VIH : les experts mettent en garde contre une confiance excessive dans la nouvelle injection préventive au lénacapavir

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Présentée comme une avancée majeure dans la lutte contre le VIH, l’injection préventive de lénacapavir, administrée seulement deux fois par an, suscite un immense espoir dans la communauté scientifique. Toutefois, des experts en santé publique rappellent que cette innovation ne doit pas être perçue comme un vaccin et qu’elle doit s’inscrire dans une stratégie de prévention plus globale.

Selon PlusNews, des spécialistes invitent les personnes ayant déjà reçu une première injection de lénacapavir à continuer de recourir aux autres méthodes de prévention du VIH. Ils soulignent que ce médicament constitue une prophylaxie pré-exposition (PrEP) de longue durée d’action et non une immunisation permanente contre le virus.

Le lénacapavir est considéré comme une véritable révolution en raison de son efficacité démontrée lors des essais cliniques et de son administration semestrielle, une caractéristique susceptible d’améliorer l’observance du traitement chez les personnes exposées au risque d’infection.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande depuis 2025 l’utilisation du lénacapavir injectable comme une nouvelle option de PrEP. L’organisation le qualifie d’outil transformateur dans la prévention du VIH, tout en rappelant qu’il ne remplace pas les autres mesures de protection. L’OMS insiste sur la nécessité d’intégrer ce traitement dans une prévention combinée, comprenant notamment le dépistage régulier, l’utilisation du préservatif, l’accès aux services de santé sexuelle et le suivi médical.

Les experts mettent également en garde contre une confusion fréquente : contrairement à un vaccin, le lénacapavir ne stimule pas durablement le système immunitaire. Son efficacité dépend du respect du calendrier des injections et d’un suivi médical approprié. Une interruption du traitement peut réduire la protection contre le VIH.

Alors que plusieurs pays préparent l’introduction progressive de cette nouvelle méthode de prévention, les spécialistes estiment que le principal défi reste son accessibilité, notamment dans les pays à revenu faible ou intermédiaire où l’épidémie de VIH demeure particulièrement préoccupante. Des organisations internationales plaident pour une baisse des coûts afin que cette innovation bénéficie au plus grand nombre.

En définitive, si le lénacapavir représente une avancée scientifique majeure susceptible de transformer la prévention du VIH, les professionnels de santé rappellent qu’il ne constitue pas une solution unique. La lutte contre le VIH continue de reposer sur une approche globale associant traitements préventifs, dépistage, éducation sanitaire et comportements responsables.

Par PAUL ZAÏDI

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