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Le commissaire principal Kasereka Kambere Claude, commandant de la Police nationale congolaise (PNC) à Kasindi-Lubiriha, a été acquitté ce jeudi 20 août 2026 par l’Auditorat militaire de garnison de Beni, dans la province du Nord-Kivu.
L’officier était poursuivi dans le cadre d’une affaire remontant au 9 novembre 2024, lorsqu’un homme présenté comme un bandit armé avait été mortellement atteint par balle alors qu’il tentait de s’évader du cachot de la police situé dans le quartier Congo ya Sika, à Kasindi-Lubiriha. Selon les éléments évoqués dans cette procédure, les circonstances du tir et l’ordre donné à l’époque avaient fait l’objet de contestations, certains estimant que l’instruction à l’origine de l’intervention était irrégulière.
Surnommé « commandant Claude », Kasereka Kambere Claude avait été arrêté en novembre 2024 à Beni par l’Auditorat militaire, dans le cadre de l’enquête sur la mort du détenu. Après plusieurs semaines de détention, il avait été remis en liberté le 7 décembre 2024 par le parquet militaire, alors que la procédure judiciaire se poursuivait.
Cette arrestation avait suscité une vive réaction à Kasindi. Des manifestations avaient notamment été organisées par des habitants et des acteurs de la société civile locale, qui dénonçaient ce qu’ils considéraient comme une mesure injuste à l’égard d’un responsable policier engagé dans la sécurisation de cette importante zone frontalière entre la RDC et l’Ouganda.
L’acquittement prononcé ce jeudi met ainsi un terme, sur le plan judiciaire, à près de deux années de procédure. Il intervient dans un contexte où la sécurité demeure une préoccupation majeure à Kasindi-Lubiriha, principal point de passage entre le Nord-Kivu et l’Ouganda, dans une région confrontée depuis plusieurs années à la criminalité, aux groupes armés et aux défis sécuritaires liés aux mouvements transfrontaliers.
Pour les proches de l’officier et une partie de la population qui avaient contesté son arrestation en 2024, cette décision constitue une reconnaissance de son innocence dans cette affaire. Elle rappelle également les tensions auxquelles sont confrontés les responsables de la sécurité lorsqu’une intervention policière ayant entraîné la mort d’un suspect donne lieu à une procédure judiciaire.
Par PAUL ZAÏDI
Journaliste d’investigation