RDC : le cannabis médical divise, Kinshasa tente de calmer la polémique née au Nord-Kivu

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Le gouvernement congolais cherche à apaiser la polémique autour de la culture du cannabis à des fins médicales. Après les inquiétudes exprimées par le député national Nzanzu Kasivita Carly, notamment sur les risques pour la sécurité publique, le ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire assure qu’il n’est question ni de légalisation générale ni de libéralisation incontrôlée de cette culture en République démocratique du Congo.

La controverse est née à la suite de la mission effectuée par le ministre d’État de l’Agriculture, du 2 au 7 août, dans les territoires de Beni et de Lubero, au Nord-Kivu. Au cours de cette tournée, le ministre avait évoqué la possibilité pour l’Office national des produits agricoles du Congo (ONAPAC) de promouvoir, aux côtés du thé et du coton, des spéculations jugées rentables, dont le cannabis médical. Une déclaration qui a rapidement suscité des réactions dans la classe politique et au sein de l’opinion, particulièrement dans une province confrontée depuis plusieurs années aux problèmes liés à l’insécurité et aux trafics.

Dans une correspondance datée du 20 août 2026, le directeur de cabinet du ministre d’État, le professeur Richard Musendevu Mukokobya, rappelle que la RDC dispose déjà d’un dispositif juridique encadrant la culture des stupéfiants destinés à des usages médicaux et scientifiques. Il cite notamment l’arrêté ministériel du 24 novembre 2022, qui prévoit un régime d’autorisation préalable. Le ministère précise que toute éventuelle initiative dans ce domaine devrait être conduite en collaboration avec le ministère de la Santé, afin d’en examiner les aspects scientifiques, médicaux et pharmaceutiques.

La polémique autour du cannabis ne doit toutefois pas occulter l’objectif principal de la mission ministérielle au Nord-Kivu : relancer la production agricole et renforcer la mécanisation. Plusieurs actions ont été annoncées ou réalisées, parmi lesquelles la remise de tracteurs aux centres de production de Beni, Lubero et Butembo, ainsi que la pose de la première pierre d’une usine d’assemblage de tracteurs à Musienene, en partenariat avec Victoria Motors. Le ministère fait également état de la pose de la première pierre des bureaux de l’ONAPAC à Beni et de l’ouverture d’un point de sortie du café à Kyavinyonge. Des semences de haricots ont par ailleurs été distribuées dans plusieurs zones agricoles, avec la perspective d’autres distributions de semences et d’engrais.

Pour le gouvernement, les priorités restent la sécurité alimentaire et la valorisation des principales filières agricoles congolaises. Le cabinet du ministre cite notamment le café, le cacao et le palmier à huile pour les cultures pérennes, ainsi que le manioc, le maïs, le riz et le haricot pour les cultures vivrières. En attendant d’éventuelles conclusions des travaux menés avec le ministère de la Santé, le dossier du cannabis médical reste donc soumis à un encadrement légal et administratif strict. Au Nord-Kivu, où la question a suscité une vive réaction, le gouvernement tente ainsi de faire la distinction entre une éventuelle filière médicale et scientifique contrôlée et une libéralisation générale de la culture du cannabis.

Par PAUL ZAÏDI

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