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La riposte contre la dix-septième épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo est confrontée à un nouvel obstacle : les violences visant les équipes engagées sur le terrain. Dans plusieurs provinces touchées, des volontaires et des agents humanitaires sont victimes d’agressions qui perturbent les opérations de prévention, de surveillance et de prise en charge des personnes affectées.
Dans un communiqué publié le 23 août, le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge alerte sur plusieurs incidents enregistrés ces derniers jours. La Croix-Rouge de la RDC, la Croix-Rouge ougandaise, le Comité international de la Croix-Rouge et la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge font état de onze incidents ayant fait neuf blessés, ainsi que d’importants dégâts matériels. Plusieurs ambulances ont notamment été endommagées, dont une incendiée, tandis que du matériel humanitaire a été détruit.
Parmi les faits rapportés figure l’agression de trois volontaires à Beni, le 19 août. Deux autres volontaires ont été pris pour cible le 18 août à Malikuti, dans le Haut-Uélé, alors qu’ils tentaient d’organiser un enterrement digne et sécurisé. La Croix-Rouge signale également l’attaque, le 17 août, d’un convoi de la Croix-Rouge ougandaise à Aru, dans la province de l’Ituri.
Ces violences interviennent dans un contexte de défiance persistante à l’égard de certaines activités de la riposte. En Ituri, une équipe aurait notamment été attaquée à coups de machette lors d’une opération de désinfection dans la zone de santé de Kilo. D’autres agressions ont été signalées à Isiro et à Pawa, dans le Haut-Uélé. Pour les organisations humanitaires, ces incidents pourraient ralentir la surveillance épidémiologique, les actions de prévention et la prise en charge des personnes touchées par Ebola.
À ces difficultés sécuritaires s’ajoutent les fortes pressions qui pèsent sur les structures de soins et les capacités de prise en charge. Face à cette situation, les organisations signataires appellent les autorités à renforcer la protection des équipes humanitaires et à améliorer la coordination avec les autorités locales et les communautés. Elles invitent également les leaders communautaires à contribuer à la protection des acteurs de la riposte, alors que l’adhésion des populations reste déterminante pour contenir la propagation du virus.
Par PAUL ZAÏDI