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Le président rwandais Paul Kagame a sévèrement critiqué les mesures annoncées par Kinshasa pour désarmer les combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Lors d’une conférence de presse tenue lundi 24 août au Kigali Convention Centre, le chef de l’État rwandais a qualifié ces initiatives de « superficielles », estimant qu’elles ne permettraient pas de s’attaquer aux causes profondes de la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo.
Paul Kagame a également mis en cause l’efficacité des sanctions internationales visant les acteurs impliqués dans le conflit. Sans remettre en question le principe des sanctions, il a particulièrement critiqué leur application, notamment par les États-Unis. Selon lui, certaines mesures visent des acteurs qui combattent les FDLR plutôt que ceux qui les soutiennent. Une approche qu’il juge incohérente et qui, selon lui, risque davantage de compliquer la recherche d’une solution.
Le président rwandais a, dans le même temps, rejeté les accusations selon lesquelles Kigali serait à l’origine du conflit dans l’est de la RDC. Il affirme que la présence des FDLR sur le territoire congolais demeure la principale préoccupation sécuritaire du Rwanda. « Le problème du Rwanda a toujours été les FDLR au Congo », a-t-il déclaré. Paul Kagame assure ainsi que son pays restera concerné par la situation sécuritaire dans l’est de la RDC tant que cette question ne sera pas résolue.

Ces déclarations interviennent alors que Kinshasa affirme avoir obtenu une avancée dans le processus de désarmement des FDLR. Le 28 juillet, le ministre congolais de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, avait annoncé que les combattants du groupe avaient accepté le principe d’un processus de désarmement, de démobilisation et de cantonnement. Cette démarche s’inscrit dans les engagements pris par la RDC dans le cadre de l’accord de paix conclu à Washington avec le Rwanda.
Selon Floribert Anzuluni, la RDC entend d’abord privilégier la sensibilisation pour parvenir à la neutralisation des FDLR. En cas d’échec, Kinshasa prévoit le recours à la force à travers un déploiement militaire. Le désaccord exprimé par Paul Kagame souligne toutefois les difficultés qui entourent la mise en œuvre des engagements sécuritaires entre les deux pays, alors que la situation dans l’est de la RDC reste au cœur des tensions régionales.
Par la rédaction